Joachim a voyagé autour du monde pendant un an. Il est parti le jour de son 25ème anniversaire, et est rentré après 365372 jours. Et tu es ici sur son carnet de voyage.
Depuis son retour, Joachim a écrit un livre : 360 in 365 ».

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En trek à Luang Nam-Tha

C’est un pays pauvre, où 80% de la population vit en villages et pas en villes. La capitale du Laos, Vientiane, est plus « provinciale » que n’importe quelle ville du Vietnam ou de Thailande.

Et au nord du Laos, dans les montagnes et les jungles, il y a des villages perdus, auxquels on ne peut accéder qu’après quelques heures de marche sur des petits sentiers. Des villages où la vie est la même qu’il y a cinq cent ans, à part qu’il y a un générateur pour faire un peu d’électricité ou un instituteur qui vient d’un village pas loin ou même des posters avec des photos d’intérieurs de cuisines style années 80.

Les gens vivent au rythme des saisons, et là comme c’est pas la saison du riz les hommes sont dans la jungle pour récolter les herbes et les racines, les feuilles et les fruits qui servent à préparer les épices, ou la nourriture pour la consommation du village, ou même pour revendre au marché ou à la Chine.

Chaque village a une culture différente. Dans tel village, habité par des Akha, les femmes vont se promener la poitrine nue alors que dans tel autre de langue Lanten, elles portent des vestes en coton bleu marine qu’elles tissent elle-mêmes. Et ces villages ne sont séparés que de deux heures de marche dans la jungle.

Luang Nam Tha, c’est la plus grosse ville de la région. La seule ville, en fait. C’est là qu’il y a le marché, bien sûr, mais c’est aussi là que les touristes s’arrêtent quelques jours pour explorer le parc naturel et faire des treks dans les villages.

Les villages visités sont jugés et re-jugés d’après les expériences des touristes. Si il y a un impact négatif du tourisme, par exemple de la mendicité, des embrouilles ou autre, le village est tenu à l’écart des futures routes. Tout est géré par le bureau de tourisme de la région, qui va sélectionner les villages et les répartir entre les diverses agences de trek. Les villages visités fournissent aussi des guides locaux, qui tournent à chaque fois pour que toutes les familles puissent en profiter. C’est un système qui m’a paru assez intelligent, qui encourage les villages à garder leur culture spécifique et qui répartit la manne financière sur toute la région. Si on ajoute une taxe gouvernementale dans le prix du trek, tout le monde y trouve son content.

J’ai fait deux treks de deux jours dans la région. L’un m’a amené sur un village qui s’appelle Ban Phouvan, installé sur une crète entre deux collines, et de culture Akha. Le guide de l’agence de trek, d’origine Hmong, ne comprenait pas bien les villageois, qui ne parlent pas tous Lao. Lorsqu’on entre dans le village, on passe à côté d’une structure en bois, qui soutient une balançoire, les habitants du village vont s’y balancer en couple le soir de la nouvelle année. C’est la coutume. L’autre coutume, c’est les maisons des filles. Sur les bords de la route qui délimite l’extérieur du village, il y a des petites maisons sur pilotis. Quand je dis maison, c’est parce que ça en a la forme. Mais pour la taille, c’est vraiment juste une caisse avec une porte, dans laquelle on peut entrer à deux maximum. Mais c’est le but.

Dans chaque famille, lorsqu’une fille atteint un âge nubile, elle a une maison qui lui est bâtie. C’est là qu’elle va pouvoir recevoir ses amis. Chez les Akha, une fille ne peut pas, dans la maison de son pêre, adresser la parole à un homme étranger à la famille. C’est grand malheur. Pour éviter ça, elle va vivre et socialiser dans sa petite chambre à l’extérieur du village, où elle peut recevoir le garçon sans crainte de malheur pour la famille. Lorsqu’elle tombe enceinte, elle doit se marier avec le garçon, et va alors vivre dans la maison construite pour son mari et elle.

Et si le garçon veut pas se marier avec elle? Notre guide nous a appris que si cette occasion se présente, la famille de la fille (qui est enceinte à ce moment là) doit payer une dot plus importante à la famille du garçon.

Mais ce n’est qu’une coutume parmi d’autres… Il y a aussi la porte du village, où sont suspendus des couteaux en bois ou des signes de protection contre les esprits mauvais. Et si en passant tu touches à la porte, tu dois dormir une nuit dessous. C’est pour ça que la plupart du temps la porte est sur une route peu fréquentée… On limite le risque!

Il y a des villages que le gouvernement trouve trop loin des principales routes : ces villages là sont alors déplacés. Au lieu de passer six heures à marcher dans les montagnes, on ne passe plus que deux heures, et on peut même y accéder en deux-roue. Ce qui permet alors l’ouverture d’une école, des projets d’aide, etc…

Dans ce village Akha, j’ai été surpris : devant plein de maisons, il y a un mât avec un panneau solaire. C’est un programme de développement du village : une organisation a donné ces panneaux solaires à quelques familles, qui doivent les rembourser, 5 ou 10 euros par mois pendant quelques années. Mais dans le village Lanten que j’ai visité quelques jours après, c’est pas du tout le cas. C’est un village qui est beaucoup plus isolé, à quatre ou cinq heures de marche et sans accès deux-roues. Là, il y a seulement un tout petit générateur pour la seule ampoule du village. Et pas d’école : les enfants passent leurs journées à aider leurs parents aux travaux quotidiens, ou jouent.

Sous l’impulsion de touristes visitant ce village, certains enfants ont commencé à apprendre l’anglais. C’est pour l’instant très basique… Mais les visiteurs peuvent les aider, de temps en temps, en écrivant des nouveaux mots dans le cahier, en leur montrant comment faire les lettres et en leur apprenant de nouveaux mots. Peut-être en grandissant, pourront-ils à leur tour devenir guides pour touristes?

C’est avec ces enfants que j’ai passé un long moment à dessiner : j’avais apporté une trousse de feutres, des petits carnets et des feuilles de papier à dessin. Au début, j’ai dessiné tout seul, puis leur ai donné de quoi dessiner et on s’est bien amusés. En partant, je leur ai laissé les feutres et le papier, j’aime à imaginer qu’ils s’amuseront bien.

Enfin voilà. J’ai pas non plus pris de très bonnes photos. Mais j’espère que ça vous donnera une petite idée de la vie dans ces villages.

Oh, et puis Patricia, tu m’avais demandé de faire quelquechose de spécial le jour que tu m’as financé… marcher six heures pour aller dessiner avec des enfants d’un village, ça compte comme spécial?

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9 commentaires

  1. Géniale cette plongée au fin fond du Laos Joachim! J’aime beaucoup la précision de ton récit, et découvrir ces coutumes alors que je me trouve à des milliers de kilomètres est vraiment super! Bravo pour ton projet, je met un lien vers ton billet sur le blog de mon travail, et je continue de te lire pour la suite de ton périple.

    Comment par Juliette — 25 janv. 2010 @ 16:24
  2. [...] Joachim, en voyage autour du monde depuis avril 2009 et qui est en train de traverser 360 méridiens en 365 jours (plus d’information sur son projet), vous emmène en voyage pour son trek à Luang Nam-Tha dans le nord du pays où le temps semble s’être arrêté. Il nous raconte les coutumes des villages et nous parle de ce système de sélection des villages qui les met en &la…. [...]

    Ping par Revue des blogs: Asie « Le blog de la communauté de TripAdvisor.fr — 26 janv. 2010 @ 11:47
  3. Ca me paraît juste lunaire, çe me fait rêver. Tes mots sont toujours justes et tes idées sont bonnes, saines.
    Je pense que ces enfants ont du te donner beaucoup de sourires et que ces sourires te donnent toujours un peu plus de force pour avancer. En tout cas super billet, et supers photos aussi ^^

    Comment par Ludo — 26 janv. 2010 @ 12:39
  4. tes photos toujours superbes, ton « récit » réel long mais interessant. D’après tout « long » c’est relatif…en tout cas, ça fait pas seulement rever, mais reflechir, penser, donner des idées.

    Bisou d’Italie Jojo, tu sais que je pense à toi et ton projet avec bcp d’admiration! en attendant que tu deviennes le chef du monde!!

    Comment par Tiziana — 27 janv. 2010 @ 21:14
  5. Salut!
    J’adore ton projet. Les billets sont très détaillés, décrivent précisemment l’ambiance des lieux que tu visites. Quelque chose de Jack London je crois… Avec de très bonnes images en prime, qui permettent d’apprécier encore mieux le récit. Pour tout dire, je peux sentir la pureté de l’air qui se dégage de ces photos!
    J’espère que ce voyage te permettras de revenir plus sage, enrichis de toutes les cultures que tu auras croisé sur ta route. Bonne continuation.

    Comment par Thomas — 29 janv. 2010 @ 23:50
  6. Lunaire, comme écrit, Ludo. L’idée de se retrouver à vivre là dans ces conditions donnerait presque le vertige, quand on est habitué au tumulte de la région parisienne. Cela étant, on est là loin du superflu de nos villes modernes.

    Comment par Al-Kanz — 30 janv. 2010 @ 12:50
  7. J’aime ta façon de décrire ce que tu vois, tranquille et sans jugement mais non sans humour.
    J’invente ce que feront les enfants des crayons. La « seule ampoule » impressionne.

    Comment par gilda — 31 janv. 2010 @ 11:59
  8. Vraiment très sympa et toujours aussi plaisant de te lire et de regarder tes photos !

    Comment par Naga_ — 3 févr. 2010 @ 16:57
  9. Miam !

    Jaime bien le format du blog, original et efficace. On part de cette ville demain, direction….euh….ah oui cest pour ca que je suis dans un cybercafe, faut que je trouve ou aller :)

    Good luck on the road

    Comment par nOsh — 5 févr. 2010 @ 15:30

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