Joachim a voyagé autour du monde pendant un an. Il est parti le jour de son 25ème anniversaire, et est rentré après 365372 jours. Et tu es ici sur son carnet de voyage.
Depuis son retour, Joachim a écrit un livre : 360 in 365 ».

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Interlude Montagneux à Iruya

Il y a deux jours, je suis revenu d’une semaine que j’ai passée dans la nature sauvage des montagnes du nord de l’Argentine avec mon pote Charles.

Ce petit interlude loin de la civilisation m’a fait du bien, j’étais un peu lassé de courrir de bus en hostel en bus en hostel, j’étais pas super satisfait de plein de trucs, et une pause s’imposait.

J’ai donc pris mes chaussures de marche et mes appareils photo, et aussi quelques vêtements chauds, et on est allés dans la montagne. D’abord, il a fallu aller à Iruya. En bus, trois heures, en passant par un ou deux cols à plus de 4000m d’altitude, une bien belle entrée en matière. On avait aussi bu plein de maté… quand on ajoute matéine à l’ivresse des hauteurs, c’est assez amusant. Iruya, c’est le village au bout de la route. La route s’arrête en effet devant l’église, disent les guides, mais faut pas les croire. En fait elle continue un peu plus loin, vers un village qui s’appelle San Isidro. Mais bien décidés à marquer le premier jour d’une bierre pierre blanche on a fait le chemin à pieds. Trois petites heures à grimper dans la vallée, et des empanadas à tomber par terre une fois arrivés.

Le deuxième jour, ça s’est un peu compliqué. On avait décidé de se rendre tout au fond des vallées, mais ça prend du temps. On s’est donc dirigés vers San Juan, dans la vallée suivante. En contournant la montagne, y’a un plateau où on a partagé une clémentine avec un vieux gaucho et son cheval. Puis l’arrivée à San Juan dans une famille très gentille, les seuls du village qui accueillent des touristes, vu qu’ils ont des lits, sommiers et matelas acheminés à dos d’homme depuis Iruya.

Le troisième jour, après le maté du matin, on est résolus à atteindre un peu plus loin. Après six bonnes heures de marche au fond du lit du ruisseau (qu’on a du traverser six ou sept fois à mon grand dam), puis de montée jusqu’à un col (puis de pique-nique) puis de remonter la vallée, on apprend par le maître d’école qu’il n’y a pas de famille qui accueille les promeneurs. No problemo qu’il nous dit en argentin, je vous héberge pas de soucis. En plus j’ai des restes de la cantine d’à midi. Et si on ajoute à ça quelques galettes de maïs achetées à une maman d’élèves, on a passé une fort agréable soirée en compagnie du maestro de la escuela. La nuit dans l’école était un peu froide, par contre. Mais c’était pas vraiment cher.

Le quatrième jour, notre maté on l’a pris avec la cuisinière de la cantine (c’est la maman d’élève qui nous avait fourni en galettes la veille, et qui nous en a ramené d’autres), puis on a regardé la montée du drapeau par les élèves de l’école. Puis on a repris nos sacs pour retourner à San Juan. Sauf que cette fois ci, au lieu de revenir par le lit du ruisseau qui était quand même un peu froid et dangereux, on est passés par le plateau du gaucho à la clémentine. Il n’y était plus, bien sûr, mais c’était quand même émouvant, croyez-moi. Surtout quand on s’est fait survoler par des condors. Et pour dormir, quoi d’autre que la petite maison de Jacinta et Hugo, où on avait eu un si bon dîner et passé une si bonne nuit!

Le cinquième jour, on voulait plus partir des montagnes. Alors on s’est dit, y’a une montagne, là, elle nous fait de l’ombre. Allons monter dessus pour y apprendre à vivre. 4850m de haut hin, c’est presque plus haut que le Mont Blanc et Montmartre mis l’un sur l’autre, et le village était à 3200m… donc ça fait plus d’un kilomètre et demi à monter d’abord sur un chemin, puis sans chemin parce que quand même c’était pas assez AU TOP pour nous. Somos aventureros, après tout. Une fois là haut on a vu des vigognes, et on s’est dit, le soleil va pas tarder à tomber, si on redescendait dans la vallée? Avec le vent et le froid, c’était plutôt une bonne idée. Alors on a tenté de trouver un chemin, on s’est retrouvé dans une pente couverte de cailloux, puis dans un lit de rivière à sec, puis la rivière coulait donc il fallait pas mouiller ses chaussures et enfin on a rejoint le fond de la vallée, sains, saufs et secs. Puis on a descendu la vallée jusqu’au village. Huit heures de marche dans les jambes, on est revenus en troisième soirée chez Hugo et Jacinta, qui étaient prêts à nous déclarer perdus.

Et le sixième jour, retour. En passant par San Isidro, le premier village, dans lequel une certaine trousse de toilette avait été oubliée. Il n’y avait pas d’empanadas, mais c’est pas grave, les brosses à dents ont été retrouvées. Saines, sauves et sèches. En redescendant vers Iruya, lors de la dernière traversée de rivière, une de mes chaussettes s’est senti pousser des ailes, et a plongé, alors que, dangereusement et pieds nus, je m’efforçais de progresser vers l’autre rive. Adieu chaussette. Tu laisses une autre chaussette triste.

Le retour fut dignement fêté dans des flots de bière noire, la Salta Negra, qui est à mon avis l’une des meilleures d’Argentine. La Quilmes Stout est vraiment pas terrible à côté.

Dans ces montagnes, j’ai fait la paix avec les petites frustrations du voyage mais en échange j’ai des bobos aux pieds et j’ai perdu une chaussettes.

De toute façon, ça importe peu quand on a devant soi des paysages si grandioses que mon 28mm n’en venait pas à bout.

PS: aucun rapport mais aujourd’hu c’est la fin du troisième quart de mon trip. Plus que trois mois seulement.

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7 commentaires

  1. Tu nous racontes ça comme si c’était de la tarte, comme s’il t’avais suffit de prendre un bus et de marchoter en suivant des panneaux… tu es un sacré personnage !

    Mais j’imagine qu’il est impossible de décrire ce genre de choses avec tous les mots et toutes le simages du monde… le mieux est d’y aller soi-même !

    Merci de partager ça avec nous. Ce n’est finalement qu’un aperçu du voyage (via une pognée de mots et un objectif 28mm), mais quel aperçu !

    Coup de coeur à l’image 38, que je trouve particulièrement belle et chargée de sens.

    Bonne continuation, et R.I.P. à Josette la chaussette !

    Comment par Pierre — 3 juin 2010 @ 10:10
  2. Jolies photos, bravo!

    Comment par RunningTracker — 3 juin 2010 @ 13:58
  3. Pierre : merci, la photo 38, je l’ai prise à 4850m :)
    En même temps c’était pas trop difficile de se déplacer, les gens qu’on rencontrait pouvaient nous indiquer le chemin, etc…

    RunningTracker : merci aussi ;)

    Comment par joachim — 3 juin 2010 @ 16:27
  4. I love these pictures, especially the one with the goats, and the tiny and isolated cancha de futbol there!!! I also laughed quite a lot with what you wrote. Im so happy the north of argentina compensated all the other not so good parts of your trip here.
    My dad here says that you liked the mountains so much because they are all in brownish colours (following that remark about French people and brown)
    I think you cannot help but like them.. i mean, who doesnt?

    Anyway, I think this is the most enthuthiastic post since filipinas.

    Mucho carino desde buenos aires (por ahora)

    PS< your sock had this planned all along, you know.

    Comment par Luciernaga — 4 juin 2010 @ 03:45
  5. socks are strange creatures. one day everything’s fine, the next day they fly away. I think this one didn’t really like to be washed by hand with really abrasive mountain soap with cold water. Why chose cold water as a mean to escape anyway?

    If you prefer my more enthousiastic posts, you won’t like what I’ll right in a few days (except in case of a miracle).

    Also, I lost my brown chinese scarf. That’s a sign, the next one will be full of colours. Bright, loud colours.

    Comment par joachim — 4 juin 2010 @ 03:52
  6. Souffle coupé, waow et tout

    Comment par Romuald — 5 juin 2010 @ 08:24
  7. Tout simplement superbe, elle est là la liberté

    Comment par Naga_ — 9 juin 2010 @ 06:55

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